Eine Publikation der Swissprofessionalmedia AG
Ausgabe 04/2016, 15.04.2016

La conjoncture reste fragile, surtout pour les PME

Même si les entreprises semblent avoir bien réagi à la hausse du franc suisse, la majorité des patrons des fabricants de l’Arc jurassien sont assez préoccupés par la situation économique qui plombe leurs résultats financiers. C’est en particulier ce qui ressort de la dernière édition de l’enquête conjoncturelle de la Chambre économique du Jura bernois, mais aussi des prévisions du KOF et du Centre de recherche économique (Crea) de l’Université de Lausanne pour le berceau de la machine-outil et de l’horlogerie suisse.

Autor: Pierre-Henri Badel

Les résultats du baromètre de la Chambre économique du Jura bernois sont emblématiques du pessimisme qui règne dans l’Arc jurassien. «La détérioration des affaires ne devrait pas s’accentuer en 2016, même s’il faut rappeler que le niveau d’entrées de commandes est faible depuis l’été 2015 et que cette baisse occasionne des dommages aigus pour les entreprises, notamment les plus petites», relève Patrick Linder, directeur de la Chambre, commentant les résultats de son quatrième sondage de l’année 2015.

En matière financière, si l’on se réfère aux réactions des industriels du Jura bernois, l’hémorragie constatée durant la seconde partie de l’année 2015 semble se stabiliser. Mais les répercussions de la hausse du franc suisse continuent à plomber l’optimisme dans les entreprises manufacturières. Les récents licenciements annoncés dans l’industrie sont autant de signes négatifs pour les fabricants de machines-outils.

Pas de solution miracle

Cette évolution est aussi soulignée par le Centre de recherche conjoncturelle (KOF) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Les auteurs de cette étude notent que dans l’industrie de transformation, les indicateurs annoncent une évolution propice à la métallurgie et à la chimie; en revanche, la situation devrait s’avérer plus difficile pour la construction mécanique et l’industrie du papier.

Concrètement, la Chambre d’économie publique du Jura bernois note que les chefs d’entreprise qu’elle a interrogés ne préconisent pas de méthode miracle pour les aider à affronter la situation actuelle, mais que l’innovation reste la piste la plus importante pour relever les défis auxquels ils sont confrontés. Ils estiment qu’une approche pragmatique et adaptée aux besoins des PME doit néanmoins être privilégiée. «Si la période est délicate pour tous les acteurs industriels, ses effets se manifestent diversement dans chaque entreprise et entravent l’élaboration d’une réponse uniforme», poursuit Patrick Linder.

Des signes qui ne trompent pas

Tornos, l’entreprise industrielle phare du Jura donne le ton et est le reflet de la situation conjoncturelle dans la machine-outil. Son chiffre d’affaires a reculé de 6,7% pour s’établir à 164 millions de francs en 2015, ce qui correspond à une baisse de 1,9% si l’on tient compte des fluctuations monétaires. L’entrée des commandes a reculé de 12,7%, ou 5,7% si l’on tient compte du surenchérissement du franc suisse. Cette diminution n’était encore que de 3,5% en milieu d’année 2015.

Pour l’entreprise de Moutier, les difficultés ont surtout été enregistrées sur le marché suisse. Elles ont été contrebalancées par la bonne santé de l’industrie automobile, secteur dans lequel les nouvelles normes influent sur les exigences en matière de précision, qui est un secteur fort de Tornos. Après les mesures de restructuration qui ont été prises ces dernières années, 2014 a été marquée par une amélioration des résultats chez le constructeur bernois, mais c’est la vigueur du franc suisse qui a plombé les résultats de 2015. Et les perspectives ne sont pas particulièrement réjouissantes pour l’ensemble du secteur en 2016. Les études conjoncturelles misent sur 2017 pour prédire la sortie du tunnel.

Au salon international de la machine de décolletage (Simodec) de La Roche-sur-Foron, qui se tenait juste avant le Siams, les exposants sont, semble-t-il, dans leru majorité très contents des affaires qu’ils sont en train de décrocher de la part des industriels de la Vallée de l’Arve. Les affaires semblent bien marcher et les stands regorgent de clients. Les sous-traitants hauts-savoyards ont récupéré des commandes au détriment des entreprises suisses en raison de la hausse du franc suisse. Pour ces dernières, c’est naturellement difficile à accepter, admet un exposant suisse. Il pointe le doigt sur un phénomène particulier: soit les sous-traitants ont trop de travail et prennent comme prétexte de cette situation pour investir en disant qu’ils n’ont pas le temps de s’en préoccuper, soit ils n’ont plus de travail et prétextent alors de ne pas avoir les moyens d’investir.

Investir dans les périodes moroses

«C’est justement quand ils ont le temps de le faire qu’il faut améliorer la conception des produits et des processus», souligne un industriel jurassien qui préfère garder l’anonymat sur cette question. «C’est un moyen de mieux pouvoir répondre aux demandes une fois que la vague sera repartie.» Le défi d’aujourd’hui consiste à miser sur trois points: améliorer la conception, robotiser les machines et opter pour des machines multibroches.

Les entreprises suisses prennent pourtant des mesures pour se défendre. Si le taux de chômage n’augmente pas, c’est que les entreprises utilisent la main-d’œuvre frontalière comme outil de régulation conjoncturel: le creux de la vague est bien là. Dans ce secteur, les cycles économiques ont une périodicité de 7 ans. La dernière crise date des années 2008-2009: c’est logique qu’elle nous rejoigne en 1016, admet ce bon connaisseur de l’industrie jurassienne.

Chez Jinfo, un concepteur de logiciels de CAO et CFAO implanté dans le Jura, les nouvelles tendances vont bon train, avec la sortie – en été 2016 – de la version 2017 du logiciel Mastercam avec interface ruban reprise des logiciels Office de Microsoft. Un moyen d’améliorer la convivialité du programme et d’accélérer les travaux de programmation. «Quand la production va moins bien, il faut améliorer la conception», note Jean-Pierre Bandit, patron de la société Jinfo.

Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP)
2735 Bévilard, Tél. 032 492 70 33
cepinfo@cep.ch

Siams Halle 2.1 Stand B-1



Patrick Linder, directeur de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP). (Photo: CEP)

Auf einen Blick

Berner Jura: Die wirtschaftliche Konjunktur bleibt schwach, besonders für KMU

Der Industrie-Barometer der öffentlichen Wirtschaftskammer des Berner Jura (CEP) bildet die industriellen Aktivitäten des Jura ab. Basierend auf einer vierteljährlichen Umfrage, zeigt das Barometer die Bewertung der wirtschaftlichen Akteure in Geschäftsvolumen, Finanzergebnissen, Investitionsfähigkeit und allgemeiner Entwicklung.

Für die erste Hälfte 2016 erwartet die CEP-Umfrage, dass die im 2015 erkennbare Verschlechterung des Geschäftsgangs sich im Jahr 2016 nicht verstärken sollte. «Das Niveau der Aufträge ist seit Sommer 2015 tief und verursacht akute Schäden in den Unternehmen, insbesondere den KMU», bestätigt Patrick Linder, Leiter der öffentliche Wirtschaftskammer des Berner Jura (CEP). Im Einklang mit den im vergangenen Jahr festgestellten Trends, bestätigen die befragten Unternehmen einen Rückgang im Geschäft und erwarten, dass im aktuellen Jahresverlauf keine wesentliche Besserung eintreten wird.

In Krisenzeiten bleibt die Innovation das Zauberrezept für die Industrie, um sich für bessere Zeiten vorzubereiten. So werden die Firmen leistungsfähiger und in der Lage sein, kostengünstiger und effizierter zu produzieren, sobald die Konjunktur wieder zulegt.

Fact sheet

Le Siams en chiffres

Le salon des moyens de production microtechniques, qui se tient cette année du 19 au 22 avril à Moutier, regroupe 434 exposants sur une surface d’exposition de 7700 m2. Le nombre des stands est en légère baisse par rapport à l’édition de 2014, mais leur surface moyenne a augmenté de 17 m2 lors de la précédente exposition pour atteindre près de 18 m2 cette année. Plus d’un tiers des exposants de cette 15e cuvée provient de l’Arc jurassien proche, 43 % de Suisse alémanique, 13 % du reste de la Suisse romande et 10 % de l’étranger.

www.siams.ch